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Au premier tour, Sarkozy creuse l’écart avec Hollande

29 mars 2012 Catégorie(s) : Actualités, CSA, Eva Joly, François Bayrou, François Hollande, Jacques Cheminade, Jean Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Nathalie Arthaud, Nicolas Dupont Aignan, Nicolas Sarkosy, Philippe Poutou, Politique, Présidentielle 2012, Sondage

La dernière livraison de CSA donne le président sortant à 30%, devant le candidat socialiste à 26%.

Nicolas Sarkozy creuse l’écart avec François Hollande dans les intentions de vote au premier tour de la présidentielle, le candidat UMP étant stable à 30% tandis que son challenger socialiste cède 2 points à 26%, selon un sondage CSA publié mercredi.

Quatre autres instituts, TNS-Sofres, Ifop, OpinionWay et Harris Interactive, ont donné ces jours derniers le président sortant en tête. Trois autres, Ipsos, BVA et LH2, ont placé le candidat socialiste devant, mais avec des écarts resserrés entre François Hollande, qui faisait la course en tête, et le candidat UMP.

François Hollande l’emporterait par 53% des voix contre 47% à Nicolas Sarkozy, si le second tour avait lieu dimanche prochain, selon l’enquête de CSA réalisée pour BFMTV, RMC et 20 minutes.

Menée les 19 et 20 mars, l’enquête précédente donnait un rapport de force de 54-46 en faveur de M. Hollande au second tour.

Au 1er tour, Marine Le Pen progresse de 1,5 point à 15%, devançant Jean-Luc Mélenchon et François Bayrou, tous deux à 12,5% et en très léger repli (-0,5 point).

Très loin derrière, Eva Joly est créditée de 2,5% (+0,5 point), Nicolas Dupont-Aignan, Nathalie Arthaud et Philippe Poutou de 0,5% chacun, et Jacques Cheminade de moins de 0,5%.

14% des sondés n’ont pas exprimé d’intention de vote au 1er tour (19% au second).

Au second tour, l’anti-sarkozysme continue d’être le principal ressort du vote pro-Hollande. 64% des personnes interrogées voteraient François Hollande « avant tout parce qu’elles ne souhaitent pas que Nicolas Sarkozy soit président de la République ».

Chez les électeurs de Nicolas Sarkozy, l’adhésion au candidat est plus forte: 47% voteraient pour lui d’abord parce qu’elles souhaitent sa victoire (contre 34% d’adhésion à M. Hollande chez ses électeurs).

D’autre part, 48% des personnes interrogées (+3) pronostiquent la victoire de François Hollande, et 35% celle de Nicolas Sarkozy (-1).

Des deux favoris, 76% des sondés estiment que Nicolas Sarkozy est celui qui « a le plus d’autorité ». A l’inverse, 57% pensent que François Hollande est celui qui « est le plus à l’écoute des gens ».

Par ailleurs, l’emploi (54%), le pouvoir d’achat (37%) et les retraites (27%) sont les trois sujets que les Français voudraient voir traités en priorité par les candidats, la sécurité venant en 5e position, mentionnée par 22% des sondés.

 

Mélenchon, Le Pen, Bayrou. La guerre des outsiders fait rage

29 mars 2012 Catégorie(s) : Actualités, Election, François Bayrou, Jean Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Présidentielle 2012, Sondage

Si l’on en croit les sondages, l’enjeu pour Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, et François Bayrou, c’est la troisième place. Ils se la disputent âprement, surtout les deux premiers. Depuis qu’un sondage BVA a placé le candidat du Front de gauche devant la présidente du Front national (14 % contre 13 %), la guerre entre eux s’est intensifiée. Dans deux nouvelles enquêtes, Ipsos et Harris Interactive, Marine Le Pen conserve une longueur d’avance à 16 %, mais Mélenchon, crédité de 13 %, est toujours dans une phase ascendante. « La bataille qui m’excite, c’est de sortir le Front national de la scène », a répété l’ancien socialiste mardi à Lille. « C’est le sang qui l’excite. C’est lui qui a un problème avec nous, puisque son obsession c’est de parler de Marine Le Pen et de l’injurier en permanence », a répondu hier Florian Philippot, le directeur stratégique de campagne de Marine Le Pen.

Spectaculaire, cette bataille n’a qu’un faible impact sur les sondages car Mélenchon mord surtout sur Hollande, alors que Marine Le Pen pâtit de la remontée de Sarkozy. Reste que pour le candidat du Front de gauche, l’objectif est bien de décrocher la troisième place.

Extérieur à ce duel, François Bayrou est à la peine. Avec environ 11 à 12 % des intentions de vote, le « troisième homme » de 2007 est relégué derrière les candidats des « deux extrêmes » et ne semble pas être en mesure de trouver les ressorts pour coiffer Mélenchon et Le Pen sur le poteau. Quand on l’interroge sur sa stagnation dans les sondages, il s’agace : « Attendez, on verra… Je ne fais pas campagne en regardant les sondages mais en parlant de l’essentiel. » Une réponse qu’il fait déjà depuis plusieurs semaines sans qu’une amélioration de sa situation ne se dessine. S’il terminait en cinquième position, Bayrou subirait un camouflet cinglant. Il pourrait se rattraper en jouant les faiseurs de roi pour le second tour. « Entre les émissaires de la droite et les coups de téléphone de socialistes, je suis très sollicité », constate-t-il amusé.

 

 

 

 

Marine Le Pen et la guerre au fondamentalisme

22 mars 2012 Catégorie(s) : Actualités, Evènement, Faits Divers, Marine Le Pen, Présidentielle 2012

Marine Le Pen se sent renforcée sur ses thèmes favoris

Après la tuerie de Toulouse, Marine Le Pen a déclaré « la guerre au fondamentalisme » avant d’assister aux obsèques des trois militaires.

Y aura-t-il un avant et un après la tuerie du collège juif Ozar-Hatorah ? Pour le FN, ce drame survenu lundi, à 34 jours du premier tour du scrutin, marque « un tournant » dans la campagne présidentielle. Aujourd’hui plus que jamais, Marine Le Pen se sent renforcée sur ses thèmes de prédilection : l’insécurité et la lutte contre l’islamisme. Mercredi matin, quelques heures après le début de l’assaut par le Raid contre le suspect dans les assassinats de Toulouse et de Montauban, se revendiquant d’al-Qaida, Marine Le Pen a réagi sur i-Télé pour déclarer « la guerre au fondamentalisme ». « Des groupes politico-religieux se développent face à un certain laxisme. Il faut maintenant mener cette guerre contre des groupes politico-religieux fondamentalistes qui tuent nos enfants chrétiens, nos jeunes hommes chrétiens, nos jeunes hommes musulmans et les enfants juifs, il y a deux jours », a-t-elle lancé d’une voix ferme.

Dans les prochains jours, la présidente du FN mènera donc campagne sur les thèmes de l’insécurité et du fondamentalisme religieux. Elle pourrait en parler, voire faire de nouvelles propositions, dès dimanche, lors de son meeting près de Nantes. « Cela fait des mois que Marine Le Pen répète que le gouvernement n’est pas efficace en matière de sécurité, et dans sa lutte contre le fondamentalisme religieux. Nous sommes tristes que nos thèses soient validées par un tel drame », affirme l’un de ses conseillers politiques. De son côté, Louis Aliot, numéro deux du FN, met en cause l’efficacité de la France pour lutter contre les réseaux islamistes. « Il est quand même temps que l’État français se rende compte qu’il y a des réseaux islamistes dangereux dans ce pays », s’agace-t-il.

Vote juif

Dans les rangs du parti, on estime également qu’après la tuerie de Toulouse certains membres de la communauté juive pourraient davantage prêter l’oreille aux idées de Marine Le Pen. « Certains juifs sont tentés par le vote FN pour combattre leur ennemi numéro un : le musulman qui est à l’origine d’actes antisémites », assure un cadre frontiste. Ces derniers jours, le lien entre la candidate et la communauté juive a été assuré par Michel Thooris – le « monsieur Sécurité » du FN -, présent lundi soir à la synagogue de la rue Notre-Dame-de-Nazareth, à Paris, pour un hommage aux victimes.

Le politologue Jean-Yves Camus ne valide pas cette analyse : « La gestion de ce drame et l’attitude du président de la République limitent les gains pour Marine Le Pen. » Selon ce spécialiste de l’extrême droite, seulement 5 % des 200 000 électeurs juifs en France seraient tentés par un bulletin de vote FN. « Même si ce pourcentage double, ce n’est pas significatif. Et puis l’électorat juif est peu porté vers les extrêmes », explique Camus.

Avant de repartir à l’offensive, Marine Le Pen a assisté mercredi après-midi à la cérémonie officielle des obsèques des trois militaires tués à Toulouse et à Montauban, les 11 et 15 mars. Elle était accompagnée de Gilbert Collard, avocat marseillais et président du comité de soutien à la candidate, qui conseille la famille d’un parachutiste assassiné. « La présence de Marine Le Pen à Montauban témoigne d’une certaine normalisation du FN. Jamais Jean-Marie Le Pen n’aurait pu assister à une telle cérémonie », assure Jean-Yves Camus.

« Salauds » contre « charognards »

Au QG de campagne du FN, on respire mieux depuis que le profil du tueur présumé est connu. Contrairement à ce qui a été évoqué au début de l’enquête, l’assassin présumé n’est pas proche des milieux d’extrême droite : il s’appelle Mohamed Merah et se revendique d’al-Qaida. « On a échappé à une puissante offensive contre le FN, qui aurait pu venir de la gauche et du ministre de l’Intérieur Claude Guéant. Cela aurait changé le cours de la campagne », reconnaît un proche de la candidate. D’autres membres du FN, à l’image de Wallerand de Saint-Just, jugent que certains candidats à la présidentielle ont déjà franchi les bornes en pointant un peu trop vite du doigt la responsabilité du FN dans ce drame.

Mercredi matin, par voie de communiqué, Wallerand de Saint-Just s’en est pris violemment aux « salauds » Jean-Luc Mélenchon, Marie-George Buffet et François Bayrou, qui ont « tenté d’instrumentaliser la tragédie de Toulouse contre le FN ». Après deux jours de trêve dans la campagne présidentielle, polémiques et petites phrases refont surface. Après le « triomphalisme » du FN, le Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon a aussitôt dénoncé les « charognards » du FN, qui réagissent alors que « le présumé coupable n’est même pas encore arrêté ». « Pour le FN, tout est bon pour récupérer et alimenter la névrose anti-musulmane », fulmine le parti de Mélenchon.

 

 

 

Sondage Election Présidentielle

22 mars 2012 Catégorie(s) : Actualités, CSA, Eva Joly, François Bayrou, François Hollande, Jacques Cheminade, Jean Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Nathalie Arthaud, Nicolas Dupont Aignan, Nicolas Sarkosy, Philippe Poutou, Politique, Présidentielle 2012, Sondage

Sarkozy en tête avec 30%, Hollande 28%, Mélenchon rejoint Bayrou à 13%, selon un sondage CSA !

Nicolas Sarkozy se détache en tête avec 30% (+2 points) d’intentions de vote au 1er tour de la présidentielle devant François Hollande (28%, inchangé), tandis que Jean-Luc Mélenchon (13%) rejoint François Bayrou sur les talons de Marine Le Pen, selon un sondage CSA.

D’après cette étude réalisée le 19 et 20 mars pour BFMTV, 20 minutes et RMC, publiée jeudi, la candidate du Front national, créditée de 13,5%, perd 2,5 points d’intentions de vote par rapport à un précédent sondage CSA la semaine dernière (12-13 mars).

C’est un des principaux enseignements avec la progression de deux points dans le même temps de M. Mélenchon (Front de gauche), désormais au même niveau que M. Bayrou (MoDem), qui, lui, stagne à 13%.

Nicolas Sarkozy engrange aussi deux points à 30%. Il passe devant M. Hollande alors que les candidats UMP et PS étaient chacun à 28% il y a huit jours, toujours selon l’institut CSA.

Au second tour, François Hollande est toutefois donné largement vainqueur, à 54% contre 46% au président sortant (inchangé).

Au premier tour, derrière MM. Sarkozy et Hollande et le trio Le Pen/Mélenchon/Bayrou dans un mouchoir de poche, aucun candidat ne dépasse les 2%, le score dont est créditée Eva Joly (EELV) qui gagne 1 point.

Nicolas Dupont Aignan (Debout la République) s’affiche à 0,5% (-0,5 point), tandis que Nathalie Arthaud (LO), Philippe Poutou (NPA) et Jacques Cheminade récoltent moins de 0,5% d’intentions de vote. 10% des sondés n’en expriment aucune.

Pour Jérôme Sainte-Marie, directeur du département Opinion de CSA, les deux points gagnés par Nicolas Sarkozy « tiennent peut-être un peu au forfait de Dominique de Villepin, mais s’expliquent davantage par des gains importants parmi les anciens électeurs de Jean-Marie Le Pen et les ouvriers ». Une catégorie socio-professionnelle dans laquelle le candidat UMP « fait désormais jeu égal avec François Hollande et Marine Le Pen », souligne-t-il.

Quant à Jean-Luc Mélenchon, « juste après le rassemblement réussi et médiatisé de la Bastille » le 18 mars, il « amène des personnes jusqu’alors attentistes ou indifférentes à déclarer une intention de vote » et en engrange notamment parmi les anciens électeurs d’Olivier Besancenot (NPA), analyse M. Sainte-Marie.

Sondage réalisé par téléphone les 19 et 20 mars auprès d’un échantillon représentatif de 1.004 personnes âgées de 18 ans et plus, dont ont été extraites 888 personnes inscrites sur les listes électorales en France (méthode des quotas).

 

 

 

 

 

Bayrou Le Pen et les signatures

13 février 2012 Catégorie(s) : Actualités, François Bayrou, Général, Marine Le Pen, Politique, Présidentielle 2012

François Bayrou a estimé dimanche que si « Marine Le Pen fait une déclaration publique en disant qu’elle n’a pas les signatures » pour sa candidature à la présidentielle, « les dirigeants des grands courants démocratiques devront en discuter ».

Bayrou Le Pen et les signatures

Bayrou Le Pen et les signatures

Le candidat centriste était interrogé, lors du journal de France 2, sur l’éventualité de demander aux élus proches de son parti, le Modem, de parrainer Marine Le Pen, pour qu’elle puisse se présenter.

« A chaque élection, on entend dire que le Front national n’aura pas ses signatures », a relativisé M. Bayrou. Mais, a-t-il ajouté, « si c’était le cas, je trouve que ce ne serait pas respecter le contrat démocratique français ».

« Si Marine Le Pen fait une déclaration publique en disant qu’elle n’a pas les signatures, je pense que les responsables de la démocratie française, des grands courants démocratiques devront en discuter », a-t-il dit.

« En attendant je considère qu’elle les a », a-t-il précisé.

 

 

Débat Hollande-Juppé : arrogance contre arrogance

27 janvier 2012 Catégorie(s) : Actualités, Evènement, François Hollande, Présidentielle 2012, PS, UMP

Le débat télévisé entre François Hollande et Alain Juppé du 26 janvier 2012 sur France 2 marquera probablement ce début de campagne présidentielle mais montre à quel point le choc de deux arrogances n’est pas la réponse adaptée aux défis majeurs de la France d’aujourd’hui.
Depuis une semaine, François Hollande a redynamisé sa campagne présidentielle : le dimanche 22 janvier 2012, devant dix mille militants réunis au Bourget, grand discours creux et incantatoire sur le mode de l’imitation à François Mitterrand, et le jeudi 26 janvier 2012, présentation de ses soixante propositions et participation à la plus importante émission télévisée, « Des Paroles et des actes » animée par David Pujadas sur France 2.

Virage feint à gauche

Après trois mois de cafouillages, François Hollande a su se ressaisir et adopter une stratégie qui devient maintenant claire : à gauche toute ! Ce virage très marqué sur sa gauche reprend en fait la traditionnelle méthode mitterrandienne : on ne gagne le premier tour qu’à gauche, et le second tour au centre (Lionel Jospin n’avait pas intégré cette idée en 2002). L’hésitation initiale est donc bien dissipée. Quitte à ne faire que du théâtre, théâtre des ombres (je l’ai déjà écrit, celles de François Mitterrand et éventuellement de Pierre Mendès France et Jacques Delors).

L’objectif, c’est de rassembler sur sa candidature tous les suffrages du « peuple de gauche », en particulier celui tenté par l’extrême gauche (quasi-inexistante cette année) et par Jean-Luc Mélenchon. Il a d’ailleurs dû clarifier aussi sa position vis-à-vis de François Bayrou : il n’est plus question de gouverner avec lui. Au moins, c’est clair. Pourtant, le candidat centriste est en pleine croissance dans les sondages ; le dernier lui attribue 15% et talonne Marine Le Pen de 2%.

En analyste politique très intelligent, François Hollande a su également désamorcer très vite certaines bombes à retardement. Par exemple, sur la laïcité et la constitutionnalisation de la loi du 9 décembre 1905, il a (enfin) précisé qu’il ne toucherait pas aux particularismes juridiques de l’Alsace-Moselle.

Un volontarisme très virtuel

Toute la discussion sur son programme tient finalement aux capacités à réduire les déficits et à faire redémarrer la croissance. C’est là où il y a un loup : si son hypothèse de croissance pour 2012 est relativement crédible (0,5%), l’hypothèse pour les années qui suivent (2%) est complètement farfelue. On croirait presque le candidat socialiste à l’école de Coué : tout son programme tient sur l’hypothèse que la croissance sera ferme… et de toute façon, s’il n’y a pas de croissance, aucun déficit ne pourra être résorbé.

Certes, mais tout ça n’explique pas aux Français comment il compte faire remonter la croissance. Car ses mesures sur la réindustrialisation du pays (thème très à la mode et initié par François Bayrou à Giens en septembre 2011) ne sont pas vraiment percutantes : la création d’une banque publique industrielle, c’est oublier Oséo qui a rassemblé l’ANVAR et la BDPME (banque de développement des PME) il y a une dizaine d’années, les pôles de compétitivité qui cherchent, déjà, à rassembler tous les partenaires économiques (public, grandes entreprises, PME) pour créer une synergie industrielle. Enfin, c’est oublier aussi un peu vite le « grand emprunt » qui a pour but un investissement massif dans la recherche et le développement sur des axes stratégiques bien définis (alors que François Hollande continue d’expliquer qu’il n’y a pas de direction générale dans la stratégie industrielle de la France).

Dans le « Talk Orange et Le Figaro » du 26 janvier 2012, le ministre Jean Leonetti s’amuse d’ailleurs à reconnaître que le candidat socialiste a des propositions qui sont bonnes et des propositions qui sont nouvelles mais que malheureusement, ses propositions bonnes ne sont pas nouvelles (et sont déjà appliquées ou déjà proposées, comme la taxe sur les transactions financières) et que ses propositions nouvelles ne sont pas bonnes (comme le recrutement massif de fonctionnaires).

Recrutement, redéploiement, tour de passe-passe avec les fonctionnaires

Par exemple, toujours ces fameux 60 000 recrutements de fonctionnaires dans l’Éduction nationale qui a plombé sa crédibilité en début de campagne (c’est Martine Aubry qui a levé le lièvre). François Hollande a corrigé un peu l’idée. Ce n’est pas seulement dans l’Éducation nationale mais aussi dans la justice, la police et dans la gendarmerie. Comment va-t-il faire ? Il l’explique assez bien : il y a 60 000 fonctionnaires qui partent chaque année à la retraite. Depuis 2007, seulement un fonctionnaire partant à la retraite sur deux est remplacé. Lui décide de rompre avec cette politique. Si bien qu’il a des postes en plus, 30 000 en plus chaque année…

On peut évidemment s’étonner de vouloir créer encore de nouveaux postes alors que la France a un État qui dépense déjà beaucoup trop (57%, 10% de plus que l’Allemagne). Le recrutement d’un fonctionnement est un engagement financier sur cinquante ans au moins (carrière et retraite), ce n’est pas une mince affaire. La Cours des Comptes a évalué à 3,5 millions d’euros le coût moyen d’un fonctionnaire. Le recrutement de 60 000 fonctionnaires correspond donc à un engagement global d’environ 210 milliards d’euros (soit 13% de la dette publique !).

D’ailleurs, il faut rappeler que ce n’est que depuis 2007 que le nombre de fonctionnaires a baissé. Depuis trente ans, malgré les discours récurrents de la droite contre le recrutement des fonctionnaires, leur nombre avait toujours crû : 36% de plus en trente ans, soit 1,4 million de plus, pour une augmentation de la population de moitié (18%), et l’État a doublé son budget pour les payer pour atteindre 48% des dépenses de l’État (selon un rapport de la Cour des Comptes publié le 9 décembre 2009). Même entre 1995 et 1997, période du gouvernement d’Alain Juppé, le nombre de fonctionnaires a augmenté.

C’est donc plus un redéploiement qu’un recrutement. En ce sens, c’est plus sérieux que les recrutements massifs antérieurs. Mais François Hollande a refusé de répondre à la question pourtant évidente (que la majorité et les journalistes n’ont pas manqué de poser avec insistance) : dans quels ministères François Hollande prendrait-il ces nouveaux postes ? Et là, silence radio : tous les ministères en dehors des priorités qu’il vient d’indiquer. Alors, un journaliste tente : Pôle Emploi aura-t-il donc des fonctionnaires en moins ? Non, Pôle Emploi fait aussi partie des priorités (qu’il n’avait pourtant pas cité initialement). En fait, il a refusé de donner un seul nom d’administration dont il réduirait la voilure. Pas très honnête vis-à-vis des électeurs.

Déficits publics et politique fiscale

Concernant la réduction des déficits et la politique fiscale, François Hollande propose une tranche supplémentaire de l’impôt sur le revenu, à 45% pour les revenus supérieurs à 150 000 euros (ce qui est loin de la classe moyenne) et une augmentation du taux d’imposition de l’impôt de solidarité sur la fortune (en maintenant le seuil relevé par le gouvernement actuel).

D’après Nicole Bricq (socialiste), rapporteure générale du budget au Sénat, la proposition de nouvelle tranche d’imposition à 45% ne ferait rentrer qu’un demi milliards d’euros et cette année (assez bonne), l’impôt sur la fortune n’a fait rentrer que quatre milliards d’euros. Bref, l’imposition des plus riches, si elle est pertinente d’un point de vue politique et morale, n’apporte pas grand chose dans la réduction des déficits publics.

François Hollande a voulu faire la guerre aux niches fiscales alors que ce ne sont que des incitations au moyen d’une politique fiscale. S’il a raison de plafonner les réductions d’impôt sur les revenus (ce qui ne toucherait que les hauts revenus), il oublie que les « contrats de génération » qu’il veut mettre en place ne sont pas autres choses qu’une nouvelle niche fiscale. Le tout n’est donc pas de combattre les niches fiscales, le tout est de définir une politique cohérente et équilibrée qui limite les dépenses de l’État tout en encourageant la croissance et l’emploi. La marge est donc très étroite, quelle que soit l’identité de la personne qui sera élue le 6 mai 2012.

Malgré cet impératif, le programme de François Hollande reste dépensier puisque le retour à l’équilibre budgétaire serait prévu pour 2017 et pas 2016 comme le gouvernement s’y est préparé.

D’ailleurs, François Hollande ne mise que sur une réduction de 29 milliards d’euros du déficit alors que son ami socialiste Didier Migaud (proche de Martine Aubry), premier Président de la Cour des Comptes, lui, estime qu’il faudrait réduire la voilure de 100 milliards d’euros (ce que propose François Bayrou).

Par ailleurs, les critiques (justifiées) contre la TVA sociale (ou emploi selon la terminologie gouvernementale) ne manquent cependant pas d’hypocrisie, surtout lorsque c’est Manuel Valls qui les formule comme dans « Mots croisés » le lundi 23 janvier 2012 sur France 2 face à Jean-François Copé, alors qu’il l’avait soutenue avec conviction pendant le premier débat de la primaire socialiste (15 septembre 2011).

Confrontation Juppé-Hollande

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Le clou du spectacle télévisé, ce jeudi soir, était évidemment les quarante-deux minutes pendant lesquelles il a été confronté à Alain Juppé, Ministre d’État, Ministre des Affaires étrangères et des Affaires européennes (et ancien Premier Ministre). J’aurais pensé qu’ils parleraient de la politique extérieure de la France mais malheureusement, ce ne sont que les affaires intérieures (et européennes qui débordent sur l’économie) qui ont été le sujet principal.

Il faut reconnaître que François Hollande est meilleur en débat à la télévision qu’en discours sous les préaux à imiter François Mitterrand. Il n’a rien lâché et j’ai trouvé Alain Juppé relativement médiocre et peu combatif face au grand dynamisme de son interlocuteur.

Avec souvent le sourire ironique qui a montré qu’une part de son arrogance reste toujours présente, Alain Juppé a voulu pointer du doigt la propre arrogance de François Hollande qui se croit déjà élu en mai et paraît vendre déjà la peau de l’ours.

Il a bien sûr insisté sur les points faibles du programme de candidat socialiste (recrutement de fonctionnaires, etc.) et a fait aussi remarquer que la demande de renégociation du traité européen juste après l’élection n’était pas plus raisonnable que tous ceux qui parlaient de « plan B » en cas d’échec du TCE en 2005.

François Hollande se trompe d’ailleurs lorsqu’il dit qu’élu au suffrage universel, il aurait une nouvelle légitimité et donc, une plus grande influence dans les négociations européennes. Nos partenaires européens se moquent bien de la situation intérieure d’un dirigeant et discutent avec le représentant légitime de la France, et d’ailleurs, si un autre que François Hollande était élu, cette personnalité aurait, elle aussi, la même onction du suffrage universel.

Préfigurant peut-être l’intervention présidentielle de dimanche prochain, Alain Juppé a d’ailleurs imprudemment indiqué que la France ferait des propositions concrètes à l’Allemagne lundi prochain, sans donner plus de précision.

Pas d’antisarkozysme par un « produit »… de même calibre

François Hollande a été très convaincant lorsqu’il a insisté sur le fait que sa campagne ne visait pas à s’opposer à Nicolas Sarkozy (nom qu’au départ, il n’avait pas voulu citer mais qu’Alain Juppé lui a fait prononcer, comme un écolier jouant dans une cour de récréation) mais à s’occuper de l’avenir du pays. Cette attitude n’est pas nouvelle puisqu’il fut l’un des rares éléphants du PS à toujours refuser l’antisarkozysme facile et à toujours vouloir rester constructif.

À y regarder de plus près, François Hollande n’imite pas en fait François Mitterrand mais… le candidat Nicolas Sarkozy de 2007 : très incantatoire, affichant un volontarisme de façade mais impuissant dans la réalité des faits (par exemple, dire qu’on s’oppose énergiquement au maintien d’un yuan sous-évalué n’apporte pas grand chose concrètement à la France et doit même faire sourire le gouvernement chinois).

Même politique d’immigration ?

Même sur l’immigration choisie, François Hollande considère que la politique de Nicolas Sarkozy n’est pas si mauvaise même s’il préfère l’appeler « immigration intelligente ». Pourtant, s’il y a bien un domaine à corriger les excès du quinquennat actuel, c’est bien sur cette relation entre l’État et les étrangers. Les nuits entières à attendre devant, par exemple, la préfecture d’Évry pour renouveler tous les ans (et plus tous les dix ans) un titre de séjour n’est pas l’honneur de la France. Pourtant, je n’ai pas entendu ni François Hollande ni son directeur de la communication, Manuel Valls, également député-maire d’Évry, se scandaliser de ces humiliations d’autant plus honteuses qu’elles n’ont aucune efficacité en faveur de l’intérêt national.

Sortir du clivage factice droite/gauche…

Bouffi de ses soixante propositions présidentielles, François Hollande semblerait être bien parti, s’il était élu, pour entrer dans le costume d’hyper-président ou de super-Premier Ministre. Je n’ai senti aucune impartialité d’un homme arbitre qui garantirait la cohésion sociale et le réconciliation nationale dans une société durement clivée. Pire, je n’ai senti qu’une volonté factice de renforcer le clivage droite/gauche en dressant comme adversaire un insaisissable « monde de la finance » qui permet de rameuter des électeurs gauchistes en déshérence tentés par le vote néo-communiste.

Apparemment, cela semblerait fonctionner. Mais jusqu’à quand ? Car dans les sondages, ce qui est troublant, c’est la permanence qu’au premier tour, il y a seulement 42% en faveur de candidats de gauche, et au second tour, il y en a 60%. Cherchez l’erreur…

Finalement, arrogance contre arrogance, il devrait bien y avoir un autre clivage, une autre solution, et à bien y réfléchir, un autre choix.

Sarkozy changerait de vie s’il perd, mais reste convaincu de sa victoire

24 janvier 2012 Catégorie(s) : Actualités, Evènement, Nicolas Sarkosy, Politique, Présidentielle 2012, UMP

Nicolas Sarkozy a confié à des journalistes qui l’interrogeaient qu’il arrêterait la politique en cas d’échec à la présidentielle, tout en s’affirmant convaincu d’être en mesure de l’emporter.

Lors de son déplacement en Guyane ce week-end, le président s’est livré à une longue discussion avec des journalistes dont une de l’AFP, en précisant à plusieurs reprises que ses propos n’étaient pas destinés à être publiés. Mais ils ont été dévoilés par plusieurs médias.

Au cours de cette discussion à bâtons rompus, on lui a demandé ce qu’il ferait en cas d’échec, s’il arrêterait la politique. Il a répondu: « Oui, j’en ai la certitude. J’ai 56 ans, je fais de la politique depuis 35 ans, j’ai un métier (il est avocat, ndlr), je changerai complètement de vie, vous n’entendrez plus parler de moi si je suis battu ».

Des propos qui peuvent paraître étonnants, mais qui ne sont pas nouveaux dans la bouche de Nicolas Sarkozy. En 2005, avant sa victoire à la présidentielle de 2007, il avait dit peu ou prou la même chose à des journalistes lors d’un déplacement.

En 2008, il avait expliqué qu’il ne ferait pas de second mandat, mettant également en avant son métier d’avocat. « Je fais ça pendant cinq ans et, ensuite, je pars faire du fric », avait-il dit, selon le Point à l’époque. Une façon pour le président de démontrer que la politique n’est pas toute sa vie, contrairement à ses prédécesseurs.

« Mais on en a encore pour cinq ans ensemble! », a-t-il aussi dit en Guyane, lui qui n’aime rien tant que brouiller les cartes.

Et d’ajouter: « Vous n’imaginez pas la passion, la lucidité dans ce pays. Vous allez être surpris. Ils (les Français) savent qui ment. Le maître-mot de la campagne, ce sera +authenticité+ ».

Pour lui, « les Français ne sont pas encore entrés dans la campagne ». Et de relever que « le taux des Français qui déclarent avoir un avis formé est faible, incroyable ».

La faute à « la crise », selon M. Sarkozy qui confie également être « surpris, mais pas choqué », par les commentaires peu élogieux dont il est parfois gratifié dans la presse. « L’excès de caricature est mieux que l’interdiction de caricature », a-t-il répété, ajoutant: mais « on n’est pas obligé d’être méchant ».

 

François Hollande au Bourget

24 janvier 2012 Catégorie(s) : Actualités, François Hollande, Politique, Présidentielle 2012, PS

François Hollande a passé dimanche 22 janvier au Bourget son grand oral de candidat PS à l’Elysée.

François Hollande, le candidat socialiste pour la prochaine élection présidentielle a réussi à ressembler 25,000 partisans ce dimanche 22 Janvier au Bourget et par son discours inattendu a pu galvaniser la foule.

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Discours de François Bayrou du 14 Janvier 2012

15 janvier 2012 Catégorie(s) : Actualités, François Bayrou, Modem, Politique, Présidentielle 2012, PS, UMP

François Bayrou tient l’UMP et le PS pour coresponsables de la dégradation de la note française alors qu’il soutient pour sa part l’idée d’un désendettement impératif de la France depuis plusieurs années.
Paris, le 14 Janvier 2012

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Les petits candidats font des appels aux dons

30 décembre 2011 Catégorie(s) : Actualités, Politique

Les petits candidats font des appels aux dons pour les élections 2012

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A l’approche de la campagne de 2012, les petits candidats sont inquiet. Pourront-ils éviter la faillite s’ils font moins de 5% au premier tour ?